Beaucoup de gens le font sans réfléchir, mais baisser le volume de votre musique lorsque vous vous garez peut-être un signe que votre esprit a besoin d'aide.+++
Pourquoi baissons-nous instinctivement le volume de la musique en nous garant ? Ce réflexe bien connu cache en réalité un mécanisme cérébral de concentration. Face à une tâche complexe, notre cerveau limite les distractions pour optimiser son attention, comme l’explique la spécialiste en neurosciences Victoria Bayón.
Pour beaucoup, se garer est un "rituel" qui consiste à baisser le volume de la musique avant de s'engager dans une place plus ou moins difficile après avoir passé un peu de temps à la trouver. Ce n'est pas seulement une habitude étrange, mais un geste étroitement lié à la façon dont le cerveau humain optimise sa concentration dans les moments critiques. Selon Victoria Bayón, spécialiste brésilienne en optimisation cérébrale, la capacité du cerveau à traiter l'information est limitée. Lorsqu'il s'agit d'accomplir une tâche difficile, comme se garer dans une place exiguë, le cerveau doit réduire les stimuli pour se concentrer pleinement sur la tâche. Il n'est donc pas faux de dire qu'il faut baisser le volume pour mieux voir, aussi étrange que cela puisse paraître.
La musique peut sembler être un simple fond sonore pour créer une atmosphère lors d'une tâche. Cependant, elle devient une information supplémentaire que le cerveau doit traiter parallèlement à l'activité principale. L'effort est plus important lorsqu'on écoute de la musique avec des paroles, car celles-ci sollicitent davantage le cerveau.
Lorsque nous nous garons, notre cerveau a besoin de concentrer toute son attention, et la musique, même si elle n'en a pas l'air, occupe un espace précieux qui pourrait être mieux consacré à la tâche à accomplir.
Victoria Bayón explique que l'exécution d'une tâche importante requiert une grande précision. Pour se concentrer pleinement, le cerveau élimine tout ce qui est superflu à ce moment précis. C'est pourquoi, lorsqu'on se gare, on baisse instinctivement le volume ou on ignore les conversations de fond. Il en va de même lorsqu'on roule à 100 km/h sur une autoroute et qu'on doit soudainement ralentir à cause de travaux, d'un péage, etc.
L'attention est une ressource limitée
Plusieurs études ont démontré ce que nous savions déjà : le cerveau n'est pas multitâche et n'est donc pas capable de réaliser efficacement plusieurs tâches simultanément. En réalité, il change rapidement de centre d'attention, ce qui nuit à la qualité de la concentration. Lorsqu'une personne se gare, son attention doit être partagée entre la musique, le bruit ambiant et les manœuvres de la voiture.
Hal Pashler, professeur de psychologie à l'Université de Californie à Berkeley, a étudié les interférences qui se produisent lorsque le cerveau est contraint de partager son attention entre deux activités simultanées. Cela montre que sa capacité de traitement est limitée lorsqu'il est surstimulé. Pour être multitâche, le cerveau a besoin que l'une des tâches simultanées soit très automatique. S'il a deux choses à lui prêter attention, il basculera rapidement de l'une à l'autre.
Un autre exemple concret se trouve dans les jeux vidéo : jouer et parler (d'un autre sujet) en même temps est bien plus difficile que jouer en silence. Surtout si vous êtes dans une partie très difficile qui exige une concentration maximale. Ce comportement est facile à identifier en regardant des streams de différents types de jeux : des combats de boss dans les jeux Soulslike aux finales de Champions dans EA Sports FC.