Bien-être et Santé

Un coup de coeur pour cette innovation

Posté par Gérard Arlot Gérard Arlot
Auteurs : Gérard Arlot
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Frédéric Leybold Infirmier en réanimation et pompier volontaire, consacre sa vie à sauver celle des autres. En 2016, il fonde l'Association Française de premiers répondants

Si vous trouvez qu'il y a trop de choses à lire, je vous propose un résumé à la fin de cet article. (mais c'est dommage)

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Puis conçoit cinq ans après Géocœur, un dispositif innovant visant accélérer l'accès aux défibrillateurs. Chaque année en France, 40000 personnes sont victimes d'un arrêt cardiaque soudain, souvent en dehors d'un cadre médical. Selon la Fédération française de cardiologie, moins de 20 % d'entre elles bénéficient d'un massage cardiaque avant l'arrivée des secours, et le taux de survie ne dépasse pas 7 %. Pourtant, une intervention rapide, dans les trois à quatre premières minutes, peut multiplier les chances de survie par dix. Récompensée par le prix du président de la République au concours Lépine 2022, l’innovation portée par Frẽdéric Leybold repose sur une idée simple, mais puissante : mobiliser les passants à proximité grâce à la technologie pour gagner de précieuses secondes. Déployée à grande échelle en France, Géocœur pourrait bien changer les règles face à cette urgence vitale. Rencontre avec un homme déterminé à sauver des vies grâce à l'innovation.

Comment un infirmier réanimateur en vient-il à révolutionner l'accès aux défibrillateurs ?

Cela fait quinze ans que je suis infirmier réanimateur, et pendant dix ans, j’ai été pompier volontaire. Mon expérience m'a sensibilisé à la problématique des arrêts cardiaques et à la façon dont le numérique peut améliorer leur prise en charge. En 2016, j’ai créé application pour localiser des secouristes à proximité, mais j'ai vite compris qu'il fallait aller plus loin. 90% des défibrillateurs ne sont jamais utilisés, souvent parce qu’ils arrivent trop tard. En 2020, j’ai donc imaginé Géocœur, un boitier connecté qui alerte les passants près d'un défibrillateur pour qu'ils l’apportent sur le lieu de l'arrêt cardiaque. Chaque minute compte, et cette idée s'est imposée comme une évidence. Mais il m'a fallu plus d'un an : pour trouver les bons partenaires et concevoir le premier prototype. 

En pratique, comment Géocoeur fonctionne-t-il pour sauver des vies 

Lorsqu'un témoin appelle les secours pour signaler un arrêt cardiaque, notre serveur reçoit l’alerte et active le boitier Géocoeur le plus proche de la victime en quelques secondes. Une alarme sonore et lumineuse se déclenche, accompagnée d'un message vocal : Arrêt cardiaque à proximité. Apportez le défibrillateur. Les passants peuvent alors scanner le QR code sur le boitier pour recevoir l'adresse exacte. L’objectif est de mobiliser les personnes à proximité, même si elles ne sont pas formées ou déjà équipées. Cela simplifie considérablement l'intervention et réduit les délais. En cas d'arrêt cardiaque, chaque seconde gagnée peut sauver une vie. 

Que disent les premiers résultats sur son efficacitė ? 

Depuis 2021, nous avons déployé 300 boitiers, principalement en Moselle et à Paris. Sur les 40 interventions enregistrées, 75 % ont conduit à une acceptation de la mission par un passant en moins de deux minutes. Ces chiffres démontrent efficacité de Géocceur et son adéquation avec les besoins des citoyens.

Un autre point important est que 95% des utilisateurs n'avaient jamais entendu parler du système avant d'agir ; cela montre qu’il est simple et intuitif. À Paris, l’installation des boîtiers a aussi attiré l'attention des médias, contribuant à sensibiliser un public plus large. Depuis, de nombreuses collectivités ont manifesté leur intérêt pour Géocœur.

Justement, à propos des installations, où le dispositif sera-t-il prochainement déployé ?

Nous avons équipé 30 sites stratégiques à Paris, mais notre objectif est national. En Moselle, où le projet a démarré, nous avons reçu un fort soutien des collectivités locales. Aujourd'hui, nous collaborons avec d'autres régions, comme l'Alsace, où 200 nouveaux boitiers seront installés cette année, Ces régions pilotes valident l'efficacité du système avant un déploiement national. En parallèle, nous avons équipé des communes rurales, où les délais d’intervention sont souvent plus longs.

Nous explorons aussi les opportunités internationales, notamment en Europe du Nord, où la culture de l'arrêt cardiaque est plus avancée. Enfin, nous travaillons avec des entreprises dans le cadre de leur responsabilité sociale et environnementale. Certaines grandes entreprises parisiennes commencent à intégrer Géocœur.

 Quels sont les principaux obstacles de son déploiement à grande échelle ?

La recherche de financements et la sensibilisation du grand public sont nos deux plus grands défis. Chaque boitier coûte entre 1500 et 2000 euros, sans compter la maintenance, ce qui représente un investissement conséquent pour les collectivités avec lesquelles nous travaillons. Mais au-delà du financement, il est tout aussi crucial de sensibiliser le grand public à l’importance d'intervenir rapidement en cas d'arrêt cardiaque et à l'utilisation des outils de secours disponibles. Un des principaux freins reste la peur de mal faire. Beaucoup de gens ignorent qu’ils sont autorisés, depuis 2007, à utiliser ces dispositifs sans risque légal ou technique.

Cette crainte les empêche parfois d’agir face une urgence, et cela, peut coûter des vies. Pourtant, comme je le dis souvent :< Il vaut mieux essayer et mal faire que ne rien faire !

Nous simplifions au maximum l'accès et l'utilisation des dispositifs pour rassurer les citoyens et les inciter à intervenir. C’est pourquoi la communication joue un rôle essentiel. Nous participons à des événements locaux et nationaux pour présenter Géocœur, expliquer les gestes qui sauvent et rappeler que chacun peut jouer un rôle décisif en cas d'urgence. Ces actions visent à renforcer la confiance du public et à encourager une mobilisation collective. 

D'autres technologies pourraient-elles améliorer encore l’efficacité des secours ?

Absolument. Des drones capables de transporter des défibrillateurs, comme ceux de la société Delivrone, pourraient jouer un rôle clé dans les zones rurales ou isolées, où les secours mettent plus de temps à arriver.

Ces appareils viendraient renforcer l’approche de Géocoeur, qui est particulièrement efficace en milieu urbain grâce à la mobilisation rapide des passants. En combinant ces technologies, nous pouvons maximiser les chances de survie, quel que soit le contexte. 

S'il y avait une seule chose à retenir de cet entretien, que souhaiteriez-vous dire à nos lecteurs ?

N'ayez pas peur de vous tromper. Un défibrillateur ne peut pas faire de mal, mais il peut sauver une vie. Depuis 2007, tout le monde est autorisé à l'utiliser, mais beaucoup l’ignorent encore.

Les secours sont là pour vous guider par téléphone, et le simple fait d'ouvrir un défibrillateur vous guide étape par étape. Il n'y a aucune raison d'hésiter : ce geste peut faire toute la différence. Nous avons constaté que la plupart des interventions réussies venaient de citoyens qui n’étaient pas spécialement formés, mais qui ont osé agir, Chaque seconde compte en cas d’arrêt cardiaque, et Géocœur est là pour vous accompagner et rendre ce premier pas plus simple pour tous.

Propos recueilli par Jean-Marie Portal

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RESUME

    • Géocoeur, système d'alerte pour défibrillateurs, est déployé pour réduire le temps d'intervention lors d'arrêts cardiaques. 
    • Son efficacité est prouvée par 75% d'acceptation des missions en moins de deux minutes et une utilisation intuitive par 95% de novices. 
    • Après un déploiement réussi en Moselle et à Paris, Géocoeur s'étend en Alsace et d'autres régions, visant un déploiement national et international. 
    • Le principal obstacle au déploiement de Géocœur est le financement (1500-2000€ par boîtier) et la sensibilisation du public à l'utilisation des défibrillateurs. 
    • La peur de mal faire freine l'intervention, alors que depuis 2007, leur utilisation est autorisée. 
    • Des drones pourraient améliorer l'efficacité, notamment en zones rurales. 
    • L'appel final est de ne pas hésiter à utiliser un défibrillateur, car il ne peut pas nuire et peut sauver des vies
    • Des citoyens non formés, agissant rapidement, réalisent la plupart des interventions cardiaques réussies.

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